Le Canal Maritime des Deux Mers

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Carte de Nolin : Diocèse de Saint-Papoul. De la Montagne Noire à Naurouze, puis de Castelnaudary à Carcassonne.

Un grand rêve : faire traverser le Sud-Ouest par des navires de fort tonnage, de Bordeaux à Narbonne.

Ici, on ne parle plus de Sète, le projet est tellement ambitieux qu'il faut "couper" au plus court. Le Canal Maritime sera réalisé entre Bordeaux et Gruissan, ou La Nouvelle, près de Narbonne.

 

Premiers Projets :

À peine le Canal latéral à la Garonne terminé, un premier projet de canal maritime Méditerranée-océan est proposé par M. de Magnoncourt. et repris par M. Tissinier. La France vient d'essuyer les rudes revers militaires de 1870-1871 et les partisans d'un grand Canal estiment qu'il serait de nature à compenser économiquement la perte de l'Alsace et de la Lorraine en ramenant vers la France les grands courants commerciaux.

Le premier projet fut établi en 1880 par le sénateur Duclerc, et la commission chargée de l'examiner approuva à la majorité de six voix sur dix, la mise aux enquêtes. Les assemblées départementales, les chambres de commerce se prononcent en faveur du canal.

Le projet prévoyait de franchir plusieurs fois la garonne par de grands ponts-canaux de plus de 200 mètres de long, il prévoyait 63 écluses, mais ce nombre avait ensuite été ramené à 38. Pour pallier les périodes de manque d'eau, la construction de nombreux réservoirs étaient prévus dans les Pyrénées.

Cependant, une deuxième commission nommée en 1882 considère cette entreprise comme périlleuse et aléatoire. Elle rend des conclusions défavorables.

Le projet de Louis Verstraët

En 1885, l'ingénieur Louis Verstraët propose un projet bien plus ambitieux :

Des dimensions titanesques : 70 m de largeur, 40 mètres de plafond et 10 mètres de profondeur. Les écluses seraient dotées d'ascenceurs qui pourraient élever des navires sans perte d'eau. Le nombre des écluses pourrait ainsi être réduit à treize. Il s'agit là d'un projet extrêmement ambitieux !

Aménagements en relation avec le traffic prévu : tous les 12 km, aménagement de garages pour faciliter le traffic.

Pour l'alimentation en eau, construction de réservoirs supplémentaires prévus dans les hautes vallées Pyrénéennes et sur les versants du Massif Central.

Hélas, il s'agit d'un projet dont on a beaucoup parlé mais qui n'a guère vu de véritable commencement de réalisation. Pendant plus de 25 ans, de nombreux avis favorables ont été émis, mais jamais suivis d'effet. Pour finir, en 1910, l'inspecteur Général des ponts et chaussées Gérard émet un avis extrêmement défavorable ; c'est alors que Louis Verstraët se donne la mort le 20 juillet 1910.

Les inconvénients majeurs mis en exerge par la commission :

- Aucun avantage réel pour la marine militaire,

- Difficultés de communication consécutives à la création d'une bande infranchissable de 100 de largeur,

- Diminution des ressources en eau de la Garonne pour l'agriculture et l'industrie, etc.

 

Reprise du projet en 1928

En 1928, l'idée du canal maritime est reprise par la Société d'études techniques et économiques pour l'aménagement du canal des deux Mers.

Le projet prévoit :

- Un canal de 13 m 50 de profondeur et 150 m de largeur sur une longueur de 400 km

- 15 biefs : Bordeaux, La Réole, Damazan, Auvillar, Castelsarasin, Grenade, Toulouse, Villefranche, deux biefs à Alzonne, Carcassonne, Roquecourbe, deux biefs à Lésignan, Narbonne.

- 14 écluses d'une hauteur de chute variant entre 20 mètres et 22 m 50. Chaque écluse comprend quatre sas parallèles, dont la dimension varie, le plus grand doit mesurer 390 m de long et 50 m de large, et le plus petit 120 m de long et 33 m de large.

Ce projet ne sera pas plus réalisé que les autres...

Il s'agissait d'un rêve fou... on en a parlé jusque dans les années 50 de ce sacré 20ème siècle !

 

S'agissait-il vraiment d'une utopie ?

Ce que l'on peut dire, c'est que ce rêve a mobilisé beaucoup d'énergies. Peut être aurait-il été plus utile de mobiliser ces énergies dans des domaines plus réalistes.

Chaque fois que l'on évoque le canal maritime des deux mers, j'ai constaté que le système d'alimentation en eau était toujours insuffisamment étudié... Devant un tel projet, on peut douter que la Garonne et les eaux de la Montagne Noire auraient suffi... quant aux réserves plus lointaines, il ne suffit pas de les stocker quelque part, il faut aussi les amener sur place... C'est là que tous ces projets me semblent extrêmement utopiques.

Après tout, c'était le temps des grandes réalisations  : Suez... Panama... et tout le monde rêvait de progrès...

...mais pour ces deux autres canaux, les distances gagnées étaient bien plus importantes. On oubliait aussi que les contraintes étaient bien plus grandes pour un canal des deux mers d'une distance de 400 km.

Mais quand on rêve, on ne veut pas voir les difficultés réelles...

 

Canal de Suez : Sur une distance de 163 km, il ne comporte pas d'écluses, tout son trajet restant au niveau de la mer. Gain énorme : éviter le détour par le cap de Bonne Espérance.

Canal de Panama : sur une distance de 79,6 km, coupé par six écluses. Gain tout aussi important : éviter un transbordement ou le détour par le cap Horn.

Ces deux réalisations étaient somme toute bien plus réalistes qu'un canal maritime Océan-Méditerranée !

 

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