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Comment visiter le Canal du Midi ou le Canal de Garonne ?

Posté le 30 mars 2015 à 21h 55 dans Au fil de l'eau par

Une question m’est parfois posée : Que visiter lorsqu’on veut se promener sur le Canal de Garonne ou sur le Canal du Midi ?

Difficile de répondre lorsqu’on a des à priori ou lorsqu’on est limité par une distance à parcourir.

D’abord, le mieux, c’est de parcourir les canaux tout doucement à pied. Si vous êtes adepte du vélo, ça va encore, mais la bicyclette devient parfois encombrante lorsqu’on veut prendre du recul par rapport au canal et sur le Canal du Midi, c’est souvent nécessaire, beaucoup moins sur le Canal de Garonne. Bien sur, laisser le vélo tout seul quelque part peut poser problème, je pense au vol, nul ne peut se croire épargné. Le bateau, ça peut être sympa, mais ce n’est pas le meilleur moyen, même à vitesse très limitée, ça va trop vite et on est trop occupé à naviguer, ou a attendre aux écluses !

Je vais vous donner mon avis personnel en 3 paragraphes : La Montagne Noire et le système d’alimentation, le Canal du Midi et le Canal de Garonne. J’ajouterai ensuite rapidement le Canal de Montech et le Canal de Jonction avec la Robine.

 

La Montagne Noire


C’est mon endroit préféré, et de loin !
grande fraîcheur en été sous les frondaisons, et un peu plus frisquet le reste du temps. Longer la rigole de la Montagne est très agréable, même si le paysage ne change pas trop. Préférez le vélo si vous êtes pressés, mais « pedibus con jambi » c’est plus sympa encore ! Il s’agit là du premier site majeur du Canal du Midi qu’il faut parcourir en totalité. Vous verrez la prise d’eau d’Alzeau (fondamental !), c’est là qu’il faut commencer, et ensuite vous descendrez doucement vers la rigole de la plaine en passant par le bassin du Lampy (essentiel !) et le bassin de Saint-Ferréol (fondamental !). Notez qu’il faut passer par la route pour descendre du village des Cammazes, où se trouve la voûte de Vauban (indispensable !), pour atteindre Saint-Ferréol. Ensuite, vous reprendrez la route pour rejoindre Vaudreuille et la jonction des deux rigoles aux Thomasès (très intéressant !).  Sur ces tronçons, préférez le vélo, aucun intérêt à pied. Ensuite, vous pourrez continuer le long de la rigole de la plaine jusqu’à Naurouze.

Addendum du 5 mai 2015 : Comme je recommande la promenade complète de la prise d’eau jusqu’à la voûte de Vauban au Village des Cammazes, j’ajouterai les observations que formule ci-dessous Gérard Crevon dans ses commentaires au sujet du changement de versant au Conquet. Ca ne coûte rien d’observer l’endroit en y passant.

 

Le Canal du Midi

 

Beaucoup d’à priori sur le Canal du Midi… beaucoup trop ! On a souvent tendance à préférer le secteur Est (de Carcassonne à Sète) en pensant que les œuvres d’art sont moins majestueuses du côté de Toulouse. Rien n’est plus faux, en fait, tout est égal, mais différent. Vers Toulouse, les ouvrages sont souvent en belles briques rouges, il ne faut pas oublier de les observer, par exemple, les ponts de Donneville et d’en Serny. Il existe beaucoup de subtilités dans la manière dont les escaliers, les bords des écluses ou même les maisons éclusières sont construits, mais il faut savoir les remarquer. Vers Béziers, il y a bien sur l’escalier d’eau de Fonsérannes, et le pont-canal sur l’Orb, sites majestueux, avec un peu plus loin la curiosité des ouvrages du Libron, mais le Canal du Midi n’est pas que ça, c’est vraiment un tout !

Il n’y a pas, encore… trop d’abattages de platanes à l’ouest de Castelnaudary, mais ça viendra bien un jour, profitez-en !

 

L’essentiel du Canal du Midi :

 

 

Petite précision : En ce qui concerne les zones d’abattages de platanes, renseignez vous préalablement auprès de chaque mairie. Il est bien entendu important de respecter les interdictions pour des raisons évidentes de sécurité. En principe, des déviations sont mises en place.

 

Le Canal de Garonne

 

L’architecture des ponts routiers y est uniforme (années 1930) et le Canal est tout aussi agréable que le Canal du Midi. Lorsqu’on approche de Toulouse, les zones industrielles font nettement moins bucolique !
Deux aqueducs importants sur le Canal de Garonne : Le pont-canal d’Agen sur la Garonne, le plus grand des canaux du midi, et le pont-canal du Cacor, sur le Tarn, près de Moissac. Ce dernier est vraiment magnifique : briques rouges… C’est pour moi le plus beau de tous ! (tous deux en tout cas sont indispensables à connaitre)
L’embouchure dans la Garonne à Castets-en-Dorthe mérite le détour, de même que non loin de là, le tertre de Meilhan depuis lequel on peut admirer la Garonne et le Canal. (ces deux endroits sont également indispensables)

 

Autres endroits essentiels du Canal de Garonne :

 

 

et le Canal de Montech ?

 

Il ressemble fort au canal de Garonne et il mérite d’être connu, allez donc le voir dès que vous avez un moment, jusqu’à la descente dans le Tarn à Montauban.

 

et le Canal de Jonction avec La Robine ?

 

Le Canal de Jonction, bordé de pins de l’embranchement jusqu’à Sallèles d’Aude, donne une touche particulière. Il n’y aura pas ici, de problème avec le chancre coloré, dévoreur de platanes. Cependant, à partir du village, les platanes reviennent.

Il est absolument indispensable de connaître l’écluse du Gailhousty (fondamentalement merveilleux !) près de Sallèles d’Aude et le pont-des-marchands à Narbonne (que l’on doit connaitre aussi).

Près de Port-La-Nouvelle, la réserve naturelle de Sainte-Lucie ne doit pas être oubliée, mais je ne l’ai pas encore suffisamment évoquée.

 


 

Voilà, cette rapide présentation est terminée. Vous en saurez bien plus en consultant les pages du site, ou encore en lisant les nombreux articles de Nicolas réalisés à la suite d’une randonnée sur le Canal du Midi.
Certains pourraient me dire que j’ai oublié quelques lieux intéressants… NON ! ils figurent quasiment tous sur le site. Il suffit de consulter. Je n’ai fait que le tri de ce qui me paraît indispensable à connaître et pour savoir de quoi on parle quand on parle de ces canaux.
Les chefs d’œuvre et curiosités ne sont malheureusement pas tous situés au même endroit, il faut choisir son parcours !

Mais tout de même, en résumé :

Si le vert est votre but : choisissez avant tout la Montagne Noire, et vous pouvez envisager le Canal de Garonne.

Sur la rigole de la plaine, vous rencontrerez peu de monde.

Si le foisonnement des sites remarquables est votre but : choisissez l’Est de Carcassonne.

Si vous recherchez quelques subtilités architecturales, choisissez l’Ouest de Carcassonne.

Et si vous ne savez pas choisir, choisissez tout ! 😉 🙂

Surtout qu’à bicyclette, il y a un seul col à franchir, et il n’est pas très pénible. Pour preuve, il ne donne aucun point au maillot du meilleur grimpeur dans le Tour de France cycliste 😉

 


 

Pour clôturer, en guise de conclusion, quelques photos inédites du Canal du Midi… Oui, ces photos ont déjà été vues, sous d’autres angles, mais celles-ci sont vraiment inédites… Ces photos sont là pour illustration, et ne correspondent pas nécessairement à ce qui est décrit dans l’article, quoique… 😉

epanchoir-des-patiasses

Quand l’épanchoir des Patiasses dégueule toutes ses eaux, c’est magnifique !

soir-ecluse-de-vic

L’écluse de Vic est toujours mythique, de par son nom et de par son mystère, surtout au coucher du soleil !

Un beau crocodile. Une des nombreuses sculptures de l'éclusier.

Un beau crocodile. Voilà longtemps que je le connais, sa patte avant gauche a été un peu usée par le temps !

Épanchoir de l'Argent-Double

L’image est inédite, c’est vrai, mais l’épanchoir de l’Argent-Double est tellement célèbre qu’il y a déjà eu beaucoup de photos sur ce thème…

Commentaires fermés

24 commentaires pour  « Comment visiter le Canal du Midi ou le Canal de Garonne ? »

  1. Alain MARC dit :

    Très bel article Jean-François !
    Pour moi qui n’ai jamais 1mn pour poster un commentaire quand je parcours les post de mes amis -es – (je vous suis bien sûr, mais pardonnez-moi chers – es – amis – es – d’être sans arrêt surbooké !) , je prends là le temps de te dire que tu n’as rien oublié : en « voisin » de tous ces canaux du Midi qui ont tant de charme (le fleuron en étant naturellement le Canal du Midi), pour en avoir parcouru une part non négligeable en vedette fluviale (stagiaires « aquarelle – carnet de voyage » à bord), ou sur les chemins de halage en vélo et à pied, je peux affirmer que tu en as parfaitement « ciblé » les incontournables, que tu les a fort bien mis en valeur .
    Alors, lecteurs fidèles ou de passage qui passez par ce blog, revenez-y souvent, copiez et imprimez les articles qui le constituent en guise de guide de terrain (et croyez-moi il n’y a pas meilleur guide que celui qui connaît très bien le lieu dont il parle), et venez découvrir ou redécouvrir ce chef- d’œuvre qui relie l’océan à la Méditerranée, qui porte le beau nom de Canal du Midi !

    • Vois tu mon ami, ainsi vont les choses. Personnellement, il me resterait à devenir un grand aquarelliste du Canal du Midi, mais vu mon expérience actuelle, ce n’est pas encore demain la veille !
      Merci à toi !

  2. CLOSSET dit :

    Génial…
    Ces renseignements me seront bien nécessaires pour le film que je compte réaliser cet été.
    Merci

    • Merci, et Bien entendu, je demanderai à voir ce film ! 😉 Mais au fait, pourquoi ne serait-il pas publié ici ???

      • André dit :

        De mieux en mieux, n’est-ce pas Jean-François, ces indications qui font que maintenant nous trouvons sur ce blog un office de tourisme qui vient à la rencontre de ses visiteurs qui n’ont plus que l’embarras du choix !
        Je ne doutais pas un instant de cette initiative que tu avais sûrement dans tes cartons et que tu sors à bon escient, les beaux jours pointant le bout de leur nez. Les amateurs de notre beau canal du Midi seront ravis de consulter ce nouvel article qui va leur permettre de « s’offrir » qui une rando, qui une balade, en connaissance de cause.
        J’ai bien remarqué que « mon » écluse de Vic avait sa place ici, et que si elle est mythique, mystérieuse, que devais-je être moi lorsque j’y habitais ? P.-S : et toujours une belle photo ! Bravo Jean-François .

        • Merci mon ami André, tu me laisse sans voix, mais heureusement, la voie est tracée… qu’importe tous les offices de tourisme, ce qui compte, c’est qu’on s’amuse un peu ici, avec le sérieux qu’il faut ! Je rappelle à tous qu’ici, tout est absolument gratuit, et qu’aucune publicité intempestive ne vient interrompre le cours des idées…. 😉
          …et j’ajoute après tout, pourquoi ne pas dire ce que les offices de tourisme, trop engoncés et recroquevillés sur leur territoire, ne disent jamais ? 🙂 Il n’existe pas un office de tourisme qui évoque vraiment tout le Canal du Midi, pas plus qu’il n’existe d’officiel en quoi que ce soit du Canal du Midi ! 🙂

  3. Bon, je sens que les premiers commentaires ont été disons « légèrement dithyrambiques » Je dis simplement qu’il faut raison garder et laisser place à d’autres commentaires plus terre à terre. C’est en tout cas ce qui m’intéresse ! 😉

    • Pascale dit :

      Pour info : Il existe le topo-guide du canal du midi pour les marcheurs qui peuvent l’emprunter de la Méditerranée a la côte atlantique en 25 jours..

      • Merci de cette réponse. Elle doit être dédiée à ceux qui ignorent un peu le canal… et qui veulent le découvrir, c’est très bien ! Mais il ne faut pas oublier les détails architecturaux qu’il nous offre, et sur ce sujet, rien n’existe vraiment, sauf peut être les cartes de Philippe Valentin : Le Canal du Midi de long en large… cartes que je conseille vivement pour vraiment découvrir le Canal du Midi sur place ! Merci Philippe Valentin !

  4. Nicolas Nicolas dit :

    Un très bon résumé pour non seulement un « novice » qui ne connais pas encore ces canaux, mais aussi pour ceux qui veulent approfondir leurs connaissances, comme moi, et qui est loin d’avoir tout vu.

    Il serait peut être intéressant d’ajouter une photo de l’Epanchoir des Patiasses ainsi que les écluses de Fonsérannes.

    Pour ceux qui veulent en connaitre plus sur le Canal de la Robine, je vais reprendre la poursuite de mon récit de mes randonnées à vélo le long des canaux du Midi, de Jonction de la Robine et de la Robine en 2012 et 2014 par le récit du trajet entre Narbonne et Port la Nouvelle, sur lequel une ambiance maritime commence à se faire sentir, le long duquel j’ai découvert un champs de riz, le long duquel j’aurai l’occasion de vous montrer des vues sur le Mont Canigou et la cathédrale de Narbonne.

    Donc, affaire à suivre.

    • Oups, il y a une photo de l’épanchoir des Patiasses, en plongée, depuis le chemin de halage… En fait, je me suis contenté de placer quelques photos pour illustrer, que je voulais inédites dans le site, sans vouloir présenter des images cohérentes entre elles. Les lecteurs qui veulent voir les photos qui correspondent aux sites peuvent cliquer sur les liens et accéder aux photos qui figurent sur les pages.

      Au sujet des rizières, il s’agit très probablement des rizières de Mandirac. Un lecteur les a déjà évoquées dans les commentaires de l’article : Période hivernale sur le Canal de la Robine

  5. Gérard Crevon dit :

    J’apprécie ton recensement des sites essentiels du Canal et de ses annexes. Pour ma part, j’y aurais ajouté le déversoir du Conquet sur la rigole de la montagne, car s’il n’est pas spécialement spectaculaire, il présente à mon sens un intérêt historique primordial. Je crois que c’est la découverte de ce site qui a permis à Riquet de se lancer dans l’aventure du Canal. Le Conquet, c’est l’endroit où la rigole de la montagne franchit la ligne de partage des eaux pour passer du versant sud (méditerranéen) au versant nord (atlantique). C’est là qu’à l’origine Riquet faisait déverser cette rigole dans le Sor avant de reprendre ses eaux au Pont-Crouzet, « tête » de la rigole de la plaine. Car c’était bien beau de capter l’Alzeau, la Vernassonne et le Lampy, encore fallait-il trouver le moyen le plus économique d’amener leurs eaux à Naurouze (et d’abord à Graissens). Et le moyen qu’il trouva dans un premier temps fut de déverser tout ça au plus vite dans le Sor. Mais il fallait trouver un col qui le permette. Et Le Conquet est cet endroit « idéal » : c’est en effet sur la ligne de partage des eaux le col le plus à l’est parmi les cols les plus bas. Je pense que sa recherche a dû demander beaucoup d’efforts et de patience à Riquet et à ses employés (dont peut-être le nommé Pierre Campmas, fils du fontainier de Revel, dont parle L’Histoire du Canal de Languedoc de 1805). Il a certainement fallu faire de nombreuses mesures de nivellement avec les moyens rudimentaires de l’époque (une longue règle à pinnules de visée, dont on réglait l’horizontalité à l’aide d’une grande équerre de maçon avec son fil à plomb). C’est là qu’aboutissait la rigole d’essai (section montagne) et là qu’aboutira aussi la rigole finale dans un premier temps. Pour celle-ci Riquet avait bien prévu de la prolonger jusqu’aux Cammazes afin de la déverser dans le Laudot et il avait commencé le travail, mais l’argent et le temps lui manquèrent pour le terminer et ce fut Vauban qui le fit faire quelques 7 ans après sa mort.

    • Bonjour Gérard
      Je te remercie d’apprécier mon avis sur les sites essentiels et d’avoir formulé cette réponse, très riche d’enseignements et très intéressante. Le gros problème, c’est que beaucoup de ceux qui disent aimer le Canal du Midi ignorent complètement les rigoles et la Montagne Noire. Ce petit ruisseau artificiel est vraiment magnifique et il est très agréable de le longer en été. Le Conquet, comme tu le rappelles, se situe sur un « changement de versant ». C’est ce qui m’avait émerveillé lorsque j’étais gamin. On prend de l’eau sur le versant Méditerranée, on la ramène sur le versant Océan au Conquet pour revenir enfin versant Méditerranée au Seuil de Graissens, et encore, ce n’est pas terminé, il s’agit d’arriver ensuite au seuil de Naurouze !

      À l’origine, le bassin de Saint-Ferréol était bien peu alimenté, seul le ruisseau Laudot et ses affluents s’en chargeaient, et la réserve d’eau n’était pas optimale.

      J’approuve intégralement ta réponse. Mon problème, c’est qu’il me faut choisir pour ne pas décourager les visiteurs.

      Par ailleurs, il me semble évident que Riquet était très conscient de ces questions. Il est parti trop tôt mais Vauban est arrivé ! Ce qui nous vaut la continuation de la Rigole de la Montagne jusqu’au Laudot et la magnifique voûte de Vauban qu’il faudrait manifestement restaurer !

      Au sujet du Conquet, je l’ai évoqué sur la page de la Rigole de la Montagne où il existe actuellement 3 photos et sur la page du Partage des eaux. Il existe même une carte postale ancienne ici.

      C’est vrai qu’il s’agit bien d’un col, au Conquet, mais lorsqu’on s’y trouve, on a du mal à l’imaginer. C’est sur qu’il a fallu beaucoup de persévérance pour découvrir cet endroit.

      Mais ma réponse n’est pas terminée, je tiens à signaler à tous que Gérard vient de rééditer ce qu’il appelle un opuscule :
      À la recherche de la rigole d’essai de Pierre Pol Riquet dans la Montagne Noire (1665)

  6. Gérard Crevon dit :

    Oui, Jean-François, tu as parfaitement décrit toute la complexité du système des rigoles avec ces multiples changements de bassin versant. C’est d’ailleurs ce qui m’a intrigué au départ et qui m’a poussé à approfondir la chose, et qui finalement m’a inoculé le virus du Canal !
    Concernant Le Conquet, il y a encore deux choses intéressantes à voir à proximité : d’abord Riquet a diminué l’altitude du col en y creusant une tranchée de 8 m de profondeur, ce qui lui permettait de raccourcir la longueur de la rigole dans ce secteur en évitant d’aller faire le tour au fond du très large vallon du Rieutort. En effet, ce vallon est un peu une plaine « suspendue » qui se termine à l’aval par une rupture de pente. En faisant courir la rigole au niveau de cette rupture Riquet pouvait rejoindre le Rieutort plus vite. Pour la rigole d’essai il n’avait pas approfondi le col du Conquet et avait dû aller capter le Rieutort nettement plus en amont. En outre en faisant cette tranchée il répondait au « cahier des charges » rédigé par le Chevalier de Clerville qui prescrivait de construire la rigole définitive à la plus basse altitude possible.
    En outre, dans ce secteur il y a une deuxième tranchée dont personne ne parle et qui est pourtant bien plus profonde et plus longue que la première, et qui a dû être bien plus difficile à réaliser car tout le fond est taillé dans la roche vive. Je l’appelle la tranchée de Compagne car elle est proche de l’ancienne métairie de ce nom. Depuis le vallon du Rieutort la rigole devait rejoindre celui du Lampy, et pour rester à la plus faible altitude possible Riquet avait le choix entre contourner tout le chaînon qui les sépare ou bien passer à travers la montagne. C’est cette dernière solution qu’il choisit en taillant une tranchée dans le col le plus propice. Cette tranchée-là fait 19 m de profondeur.
    Pour voir tout ça je recommande la ballade du Conquet au Lampy-Vieux (ou vice-versa). C’est très agréable.

    • Tes recherches me permettent de comprendre encore mieux ce qui s’est passé. J’avais bien vu ces tranchées, mais je n’y avais pas prêté suffisamment d’attention. Quand je dirai encore que la Montagne Noire, c’est mon endroit préféré du Canal du Midi, je disposerai désormais d’une argumentation supplémentaire. Merci pour tes explications.

  7. Gérard Crevon nous indique dans sa première réponse au sujet de Riquet et du Conquet, « qu’il a certainement fallu faire de nombreuses mesures de nivellement avec les moyens rudimentaires de l’époque. Il ne disposait en effet que d’une longue règle à pinnules de visée, dont on réglait l’horizontalité à l’aide d’une grande équerre de maçon avec son fil à plomb ».
    C’est une recherche à effectuer ou tout au moins à compléter. On s’intéresse peu aux moyens de mesure dont disposait Riquet. On sait bien qu’ils étaient insuffisamment précis, pour preuve ce qui s’est passé lors de la mise en eau de l’écluse d’En Cassan où la constatation des erreurs de nivellement ont exigé de reconsidérer cette écluse comme une écluse double, alors qu’initialement, elle devait être simple.

  8. Emmanuel dit :

    Bonjour,

    Tout d’abord toutes mes félicitations pour ce site qui absolument splendide de part ses photos et par ses détails relatés. C’est un vrai plaisir que de le parcourir.
    Et c’est pour l’enrichir un peu plus (mais peut-être est-ce une étourderie de ma part et que cet article existe déjà…) que j’aimerai vous parler du Canalet qui reliait la Garonne au Canal sur la commune du Passage d’Agen. Il a son débranchement juste après l’écluse de la Rosette (lien googlemaps : https://goo.gl/maps/kyQk2) et après avoir traversé le Passage aboutissait sur la Garonne entre le Pont de Pierre et la Passerelle. Il reste de cette écluse de descente vers la Garonne deux maisons, que j’ai photographiées l’année dernière de nuit :

    http://lmdlg.eklablog.fr/rapprochement-lune-venus-juillet-2014-a108870094

    Tombé en désuétude au début des années 60 (on pouvait désormais alimenter le canal directement depuis Toulouse), il a été comblé peu à peu par des ordures ménagères d’Agen et du Passage jusqu’au milieu des années 70. Depuis on y construit des maisons.

    À noter qu’un peu plus en amont, un seuil quasiment ruiné désormais, permettait d’alimenter le Canalet et donc le canal latéral.
    Je vous laisse le lien de la pétition qui a circulé un temps pour sa reconstruction :
    http://www.vallee-du-ciron.com/Documents/Nouvelles/DocumentsLies/288e.pdf

    Encore bravo pour votre site et au plaisir de vous lire !

    • Merci pour ces encouragements et félicitations, ça fait toujours plaisir 🙂
      Il faut dire que non, je ne connaissais pas ce canalet, d’ailleurs, cela dénote un manque d’interrogation de ma part car son arrivée sur le canal subsiste. J’aurais dû me poser la question. Sur le lien que vous nous envoyez, nous avons même une rue du Canalet ! Cependant, il faut préciser que je connais un petit peu moins le Canal de Garonne que le Canal du Midi, en tout cas dans ses « détails » historiques. Je pense que je possède une carte postale ancienne de l’écluse de descente vers la Garonne, je la publierai sur le site dès que j’aurai un moment. Je n’ai pas encore publié énormément de cartes postales anciennes du Canal de Garonne, contrairement au Canal du Midi.
      Merci de votre participation et de vos observations qui seront toujours les bienvenues.
      Vos photos nocturnes sont superbes ! et bien entendu, je recommande à tous d’aller les voir … Les Merveilles De L’empyrée Gascon.

      • Emmanuel dit :

        Bonjour,

        Je suis en train de préparer un billet sur les travaux d’étanchéité du Pont-Canal d’Agen avec quelques photos. Je pense qu’il a plus sa place dans votre blog que dans le mien, c’est pourquoi je vous propose de vous le soumettre et si vous le trouvez intéressant, pourquoi ne pas le publier ?

        Au plaisir de vous lire !

        • Bonjour Emmanuel,
          Aucun problème, les articles intéressants seront toujours les bienvenus.
          Je vous contacterai bientôt par mail pour les modalités pratiques.
          Cordialement

  9. viano dit :

    Bonjour,
    Je suis à la recherche de conseils pour notre future croisière sur le canal en avril, 7 jours en aller-retour au départ d’Argens. Merci si vous pouvez m’indiquer le plus intéressant à faire, et le meilleur circuit.
    Cordialement. Edith

 

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